*La recherche de la paix intérieure *ARTICLE

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*La recherche de la paix intérieure *ARTICLE

Message par Invité le Dim 13 Juin - 20:04

1. Les obstacles à la paix intérieure


La
paix intérieure est un besoin universel. Il n’existe personne, sur
cette terre, qui n’aspire à la paix intérieure. Et il ne s’agit pas
d’un phénomène moderne; cette paix, chacun y a aspiré à travers les
âges, indépendamment de sa couleur, ses croyances, sa religion, sa race,
sa nationalité, son âge, son sexe, ses richesses ou l’avancement
technologique de son peuple.

Les gens ont emprunté divers chemins
pour tenter de trouver la paix intérieure : certains ont cru la trouver
dans l’argent, dans les drogues, dans la musique ou la méditation,
tandis que d’autres l’ont cherchée dans leur tendre moitié, dans leur
carrière professionnelle ou à travers leurs enfants, etc.

Pourtant,
chez la majorité des gens, cette quête est perpétuelle. De nos jours,
on nous a amené à croire que l’avancement technologique et la
modernisation peuvent nous apporter un confort physique à travers lequel
la paix intérieure est possible.

Cependant, si nous considérons
la nation la plus industrialisée et la plus avancée du monde, du point
de vue technologique (les États-Unis), ce raisonnement ne tient pas la
route. Les statistiques démontrent qu’aux États-Unis, près de 20
millions d’adultes souffrent chaque année de dépression. Et qu’est-ce
que la dépression, si ce n’est une absence totale de paix intérieure?
De plus, en l’an 2000, dans ce pays, le nombre de personnes mortes par
suicide était deux fois plus élevé que le nombre de personnes mortes du
sida. Mais les médias étant ce qu’ils sont, nous entendons plus parler
des décès dus au sida que des gens qui se suicident. Par ailleurs, plus
de personnes meurent par suicide que par homicide, aux États-Unis, qui
ont pourtant un taux d’homicides déjà très élevé.

Donc,
l’avancement technologique et la modernisation n’ont apporté ni la
tranquillité ni la paix intérieure. Au contraire, en dépit du confort
que nous a apporté la modernisation, nous sommes encore plus éloignés de
cette paix que ne l’étaient nos ancêtres.

Pour la plupart
d’entre nous, la paix intérieure demeure une chose quasi insaisissable,
difficilement atteignable.

Nous sommes nombreux à confondre les
plaisirs de cette vie avec la paix intérieure; nous tirons un plaisir de
nombreuses choses, que ce soit de l’argent, des relations sexuelles ou
de diverses activités quotidiennes. Mais ces plaisirs ne durent pas :
ils viennent et ils vont. Oui, nous éprouvons certains plaisirs, de
temps à autres, mais nous ne devons pas les confondre avec la paix
intérieure. La véritable paix intérieure peut être définie comme un
sentiment de stabilité et de contentement qui nous aide à passer au
travers des difficultés et des épreuves qui se présentent à nous, au
cours de notre vie.

Nous devons comprendre que la paix est une
chose qui n’existera jamais en ce monde, car si nous nous fions à la
définition du dictionnaire, la paix est l’absence de guerre ou de
conflits civils; a-t-il jamais existé une période de l’histoire
dépourvue de tout conflit? Il y a toujours une guerre ou un conflit
civil en cours, en ce monde. Si nous considérons la paix à un niveau
national, alors nous pouvons la définir comme l’absence de désordre
public et comme un sentiment général de sécurité; mais nommez-moi un
seul endroit, en ce monde, où l’on trouve cela. Si nous considérons la
paix à un niveau social (famille, travail), alors la paix est l’absence
de désaccords et de disputes; mais un tel environnement existe-t-il? Il
existe bien certains endroits, en ce monde, que l’on peut considérer
comme calmes, paisibles et tranquilles, certaines îles, par exemple,
mais il s’agit d’une paix qui peut, à tout instant, être troublée par
une tempête ou un ouragan qui viendra tout détruire.

Dieu dit,
dans le Coran :

« Nous avons certes créé l’homme
pour une vie de lutte. » (Coran 90:4)


C’est là
la nature même de nos vies, qui sont faites de labeur et de luttes, de
hauts et de bas, de moments difficiles et d’autres moins difficiles.

Nos
vies sont ponctuées d’épreuves de toutes sortes, tel que Dieu
l’affirme, dans le Coran :

« Et Nous vous éprouverons
certainement par un peu de peur, de faim, de pertes de biens, de gens et
de récoltes. Mais annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont patients. »
(Coran 2:155)


Pour passer au travers ces
épreuves, au travers cette vie de labeur et de luttes, la patience est
essentielle. Et cette patience ne peut se manifester que si nous
possédons une véritable paix intérieure.

En dépit des épreuves,
du labeur et des luttes quotidiennes, il nous est possible d’atteindre
cette paix intérieure qui nous amènera à vivre en paix avec notre
entourage, avec notre environnement et avec le monde dans lequel nous
vivons.

Bien sûr, dans notre quête de paix intérieure, des
obstacles se dresseront sur notre route. Nous devons donc identifier
ces obstacles qui, dans nos vies, nous empêchent d’atteindre cette paix
et développer une stratégie pour les éloigner de nous. Ces obstacles ne
disparaîtront pas de nos vies simplement en le souhaitant très fort;
nous devons développer une stratégie par étapes pour nous en
débarrasser. Comment?

La première étape consiste à identifier
ces obstacles. Nous devons être conscients de leur présence, car si
nous n’arrivons pas à les identifier, nous ne pourrons, évidemment, les
éloigner ni les faire disparaître.

La deuxième étape consiste à
les reconnaître et à accepter leur présence. Par exemple, la colère est
l’un des plus grands obstacles à la paix intérieure. Si une personne
nourrit de la colère au fond d’elle-même et qu’elle finit par exploser,
comment peut-elle posséder une paix intérieure dans ces circonstances?
C’est impossible. La personne doit donc être capable de reconnaître que
cette colère, en elle, est un obstacle à la paix intérieure.

Cependant,
si une personne affirme que « oui, je sais que c’est un obstacle; mais
moi, je ne me mets pas en colère », cette personne a un problème car
elle n’a pas été en mesure de reconnaître cet obstacle et refuse
d’admettre la réalité. Elle ne peut donc se débarrasser de cet
obstacle.

Ces obstacles qui font partie de nos vies, nous pouvons
les classer en diverses catégories : problèmes personnels, familiaux et
financiers, pressions au travail et incertitudes spirituelles.
2. Savoir accepter le destin

Nous avons
tant de problèmes et d’obstacles à affronter, dans nos vies, qu’ils sont
comme des maladies. Si nous essayons de nous en occuper en les prenant
un à la fois, nous n’en viendrons jamais à bout. Nous devons donc les
identifier, les classer en diverses catégories et nous occuper de toute
une catégorie à la fois plutôt que de tenter de nous occuper de chacun
individuellement.

Nous devons être capables de distinguer les
obstacles sur lesquels nous avons un contrôle de ceux qui échappent à
notre contrôle.
Bien que nous percevions ceux qui échappent à notre
contrôle comme des obstacles, en réalité, ils ne le sont pas. Ces «
obstacles » sont des choses que Dieu nous a destinées et que nous
interprétons peut-être de façon erronée. Par exemple, une personne qui
naît avec la peau noire dans un monde qui favorise largement les
Blancs, ou qui naît pauvre dans un monde qui favorise les riches, ou
encore qui a une petite taille, qui naît infirme ou qui naît avec tout
problème physique qui peut être considéré comme un handicap.

Ce
sont là des choses qui échappent totalement à notre contrôle. Nous
n’avons pas choisi la famille dans laquelle nous sommes nés, nous
n’avons pas choisi notre corps, nous n’avons pas participé à ces
décisions. Même si nous considérons ces choses comme des obstacles,
nous devons nous armer de patience et comprendre qu’au fond, elles ne
sont pas vraiment des obstacles. Dieu dit, dans le Coran :

« Mais il se peut que vous
détestiez une chose alors qu’elle est bonne pour vous, et il se peut
que vous aimiez une chose alors qu’elle est mauvaise pour vous. Dieu
sait, tandis que vous ne savez pas. » (Coran 2:216)


Il
est possible, donc, que les obstacles qui échappent à notre contrôle
nous déplaisent et que nous souhaitions les faire disparaître de notre
vie. D’ailleurs, certaines personnes dépensent de folles sommes
d’argent pour tenter d’y parvenir. Michael Jackson en est un bon
exemple. Il est né avec la peau noire dans un monde qui favorise les
Blancs; pour tenter d’échapper à son sort, il a dépensé de grosses
sommes d’argent en chirurgies esthétiques de toutes sortes avec pour
seul résultat un désastre total.

La paix intérieure ne peut être
atteinte que si nous arrivons à accepter et à endurer avec patience ces
obstacles qui échappent à notre contrôle et à reconnaître qu’ils font
partie du destin que Dieu a décidé pour nous.

Il faut comprendre
que ce qui nous arrive malgré nous, Dieu y a mis quelque chose de bien,
que nous arrivions ou non à en saisir l’aspect positif. Nous devons
donc l’accepter.

Je me souviens d’un article, dans un journal,
qu’accompagnait la photo d’un Égyptien qui souriait. Il arborait un
très large sourire; ses bras étaient écartés et ses pouces tournés vers
le haut; son père l’embrassait sur une joue, tandis que sa sœur
l’embrassait sur l’autre.

Sous la photo, il y avait une légende.
Cet homme avait failli embarquer sur un vol d’Air Gulf, la veille, qui
assurait la liaison entre le Caire et Bahreïn. Il s’était précipité à
l’aéroport pour ne pas rater son vol, mais n’avait pu monter à bord, car
selon les autorités, il manquait un cachet sur son passeport (au Caire,
on exige souvent de nombreux cachets sur un même document). Comme il
était enseignant à Bahreïn et que ce vol était le dernier de la journée à
assurer la liaison entre les deux villes, il craignait, s’il le ratait,
ne pouvoir justifier son absence et perdre son emploi. Alors il
insista beaucoup pour qu’on le laisse monter à bord, allant même jusqu’à
faire une véritable scène, mais en vain; on ne le laissa pas monter et
l’avion partit sans lui. Il retourna chez lui (au Caire) désespéré,
convaincu qu’il serait renvoyé dès le lendemain. Sa famille le consola
du mieux qu’elle put et lui dit de ne pas s’en faire. Le lendemain, il
apprit, aux nouvelles, que l’avion à bord duquel il avait tant voulu
monter s’était écrasé et qu’il n’y avait aucun survivant. Et voilà
pourquoi, sur cette photo, il était dans une telle extase : la veille,
le fait de ne pas arriver à monter à bord avait été pour lui une
véritable tragédie et il avait eu le sentiment que sa carrière était
finie. Et maintenant, il comprenait qu’il l’avait échappé belle.

Ce
sont là des signes clairs, et l’on retrouve des signes similaires dans
l’histoire de Moïse et Khidr (que nous retrouvons dans la sourate
al-Kahf). Lorsque Khidr fit un trou dans le bateau de ces gens qui
avaient été assez gentils pour les prendre à leur bord, Moïse et lui,
afin de les aider à traverser la rivière, Moïse demanda à Khidr pourquoi
il avait fait cela.

Lorsque les propriétaires du bateau virent
le trou qui avait été fait, ils se demandèrent qui l’avait fait et se
dirent que c’était un acte particulièrement méchant. Peu de temps
après, le roi vint au bord de la rivière et réquisitionna tous les
bateaux qui s’y trouvaient, sauf celui qui était troué. Alors les
propriétaires du bateau louèrent Dieu d’avoir fait en sorte que leur
bateau soit troué, ce qui l’empêcha d’être pris par le roi.[1]

Il
existe également d’autres choses que nous percevons comme des obstacles
dans nos vies. Ce sont ces choses que nous n’arrivons pas à expliquer,
lorsqu’elles se produisent. Pour certains, la frustration ressentie
face à cette incompréhension peut même les amener jusqu’au rejet de la
foi. Quand on écoute parler l’athée, qui a rejeté Dieu, on réalise vite
qu’il ne possède aucune paix intérieure. Pourquoi est-il devenu
athée? Il n’est pas normal de ne pas croire en Dieu et il est tout
naturel d’y croire, car c’est Lui qui nous a créés, avec une inclination
naturelle à croire en Lui.

Dieu dit, dans le Coran :

« Dirige tout ton être, (ô
Mohammed), exclusivement vers la religion, selon la nature innée dont
Dieu a pourvu les hommes à leur création. Ce que Dieu a créé ne saurait
être modifié. Telle est la religion droite, mais la plupart des hommes
ne savent pas. » (Coran 30:30)[2]


Le
prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur
lui) a dit :

« Chaque enfant naît avec une
saine nature (i.e. il naît musulman, avec une inclination naturelle à
croire en Dieu)... » (Sahih Al-Boukhari, Sahih Mouslim)


Telle
est la nature véritable de l’être humain; mais la personne qui devient
athée sans que personne ne lui ait parlé d’athéisme dans son enfance ou
sa jeunesse le devient souvent suite à un traumatisme ou une tragédie
qu’elle n’est pas parvenue à expliquer.

Par exemple, un athée
peut raconter qu’il avait une tante qu’il aimait beaucoup, qui était une
très bonne personne aimée de tous. Puis, un jour, alors qu’elle
traversait la rue, une voiture sortie de nulle part la frappa et elle en
mourut. Pourquoi cet accident lui est-il arrivé à elle plutôt qu’à
n’importe qui d’autre? Pourquoi? La personne ne trouve aucune
explication. Ou encore, un athée peut raconter avoir perdu un enfant en
bas âge et demander pourquoi c’est arrivé à son enfant et pas à celui
d’un autre. Pourquoi mon enfant est-il mort? Encore une fois, il ne
trouve aucune explication. Et c’est suite à ce genre de tragédies que
la personne vient à penser que Dieu ne peut exister, car Il ne
permettrait pas que de telles choses se produisent.

2. Savoir accepter le destin

Nous avons
tant de problèmes et d’obstacles à affronter, dans nos vies, qu’ils sont
comme des maladies. Si nous essayons de nous en occuper en les prenant
un à la fois, nous n’en viendrons jamais à bout. Nous devons donc les
identifier, les classer en diverses catégories et nous occuper de toute
une catégorie à la fois plutôt que de tenter de nous occuper de chacun
individuellement.

Nous devons être capables de distinguer les
obstacles sur lesquels nous avons un contrôle de ceux qui échappent à
notre contrôle.
Bien que nous percevions ceux qui échappent à notre
contrôle comme des obstacles, en réalité, ils ne le sont pas. Ces «
obstacles » sont des choses que Dieu nous a destinées et que nous
interprétons peut-être de façon erronée. Par exemple, une personne qui
naît avec la peau noire dans un monde qui favorise largement les
Blancs, ou qui naît pauvre dans un monde qui favorise les riches, ou
encore qui a une petite taille, qui naît infirme ou qui naît avec tout
problème physique qui peut être considéré comme un handicap.

Ce
sont là des choses qui échappent totalement à notre contrôle. Nous
n’avons pas choisi la famille dans laquelle nous sommes nés, nous
n’avons pas choisi notre corps, nous n’avons pas participé à ces
décisions. Même si nous considérons ces choses comme des obstacles,
nous devons nous armer de patience et comprendre qu’au fond, elles ne
sont pas vraiment des obstacles. Dieu dit, dans le Coran :

« Mais il se peut que vous
détestiez une chose alors qu’elle est bonne pour vous, et il se peut
que vous aimiez une chose alors qu’elle est mauvaise pour vous. Dieu
sait, tandis que vous ne savez pas. » (Coran 2:216)


Il
est possible, donc, que les obstacles qui échappent à notre contrôle
nous déplaisent et que nous souhaitions les faire disparaître de notre
vie. D’ailleurs, certaines personnes dépensent de folles sommes
d’argent pour tenter d’y parvenir. Michael Jackson en est un bon
exemple. Il est né avec la peau noire dans un monde qui favorise les
Blancs; pour tenter d’échapper à son sort, il a dépensé de grosses
sommes d’argent en chirurgies esthétiques de toutes sortes avec pour
seul résultat un désastre total.

La paix intérieure ne peut être
atteinte que si nous arrivons à accepter et à endurer avec patience ces
obstacles qui échappent à notre contrôle et à reconnaître qu’ils font
partie du destin que Dieu a décidé pour nous.

Il faut comprendre
que ce qui nous arrive malgré nous, Dieu y a mis quelque chose de bien,
que nous arrivions ou non à en saisir l’aspect positif. Nous devons
donc l’accepter.

Je me souviens d’un article, dans un journal,
qu’accompagnait la photo d’un Égyptien qui souriait. Il arborait un
très large sourire; ses bras étaient écartés et ses pouces tournés vers
le haut; son père l’embrassait sur une joue, tandis que sa sœur
l’embrassait sur l’autre.

Sous la photo, il y avait une légende.
Cet homme avait failli embarquer sur un vol d’Air Gulf, la veille, qui
assurait la liaison entre le Caire et Bahreïn. Il s’était précipité à
l’aéroport pour ne pas rater son vol, mais n’avait pu monter à bord, car
selon les autorités, il manquait un cachet sur son passeport (au Caire,
on exige souvent de nombreux cachets sur un même document). Comme il
était enseignant à Bahreïn et que ce vol était le dernier de la journée à
assurer la liaison entre les deux villes, il craignait, s’il le ratait,
ne pouvoir justifier son absence et perdre son emploi. Alors il
insista beaucoup pour qu’on le laisse monter à bord, allant même jusqu’à
faire une véritable scène, mais en vain; on ne le laissa pas monter et
l’avion partit sans lui. Il retourna chez lui (au Caire) désespéré,
convaincu qu’il serait renvoyé dès le lendemain. Sa famille le consola
du mieux qu’elle put et lui dit de ne pas s’en faire. Le lendemain, il
apprit, aux nouvelles, que l’avion à bord duquel il avait tant voulu
monter s’était écrasé et qu’il n’y avait aucun survivant. Et voilà
pourquoi, sur cette photo, il était dans une telle extase : la veille,
le fait de ne pas arriver à monter à bord avait été pour lui une
véritable tragédie et il avait eu le sentiment que sa carrière était
finie. Et maintenant, il comprenait qu’il l’avait échappé belle.

Ce
sont là des signes clairs, et l’on retrouve des signes similaires dans
l’histoire de Moïse et Khidr (que nous retrouvons dans la sourate
al-Kahf). Lorsque Khidr fit un trou dans le bateau de ces gens qui
avaient été assez gentils pour les prendre à leur bord, Moïse et lui,
afin de les aider à traverser la rivière, Moïse demanda à Khidr pourquoi
il avait fait cela.

Lorsque les propriétaires du bateau virent
le trou qui avait été fait, ils se demandèrent qui l’avait fait et se
dirent que c’était un acte particulièrement méchant. Peu de temps
après, le roi vint au bord de la rivière et réquisitionna tous les
bateaux qui s’y trouvaient, sauf celui qui était troué. Alors les
propriétaires du bateau louèrent Dieu d’avoir fait en sorte que leur
bateau soit troué, ce qui l’empêcha d’être pris par le roi.[1]

Il
existe également d’autres choses que nous percevons comme des obstacles
dans nos vies. Ce sont ces choses que nous n’arrivons pas à expliquer,
lorsqu’elles se produisent. Pour certains, la frustration ressentie
face à cette incompréhension peut même les amener jusqu’au rejet de la
foi. Quand on écoute parler l’athée, qui a rejeté Dieu, on réalise vite
qu’il ne possède aucune paix intérieure. Pourquoi est-il devenu
athée? Il n’est pas normal de ne pas croire en Dieu et il est tout
naturel d’y croire, car c’est Lui qui nous a créés, avec une inclination
naturelle à croire en Lui.

Dieu dit, dans le Coran :

« Dirige tout ton être, (ô
Mohammed), exclusivement vers la religion, selon la nature innée dont
Dieu a pourvu les hommes à leur création. Ce que Dieu a créé ne saurait
être modifié. Telle est la religion droite, mais la plupart des hommes
ne savent pas. » (Coran 30:30)[2]


Le
prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur
lui) a dit :

« Chaque enfant naît avec une
saine nature (i.e. il naît musulman, avec une inclination naturelle à
croire en Dieu)... » (Sahih Al-Boukhari, Sahih Mouslim)


Telle
est la nature véritable de l’être humain; mais la personne qui devient
athée sans que personne ne lui ait parlé d’athéisme dans son enfance ou
sa jeunesse le devient souvent suite à un traumatisme ou une tragédie
qu’elle n’est pas parvenue à expliquer.

Par exemple, un athée
peut raconter qu’il avait une tante qu’il aimait beaucoup, qui était une
très bonne personne aimée de tous. Puis, un jour, alors qu’elle
traversait la rue, une voiture sortie de nulle part la frappa et elle en
mourut. Pourquoi cet accident lui est-il arrivé à elle plutôt qu’à
n’importe qui d’autre? Pourquoi? La personne ne trouve aucune
explication. Ou encore, un athée peut raconter avoir perdu un enfant en
bas âge et demander pourquoi c’est arrivé à son enfant et pas à celui
d’un autre. Pourquoi mon enfant est-il mort? Encore une fois, il ne
trouve aucune explication. Et c’est suite à ce genre de tragédies que
la personne vient à penser que Dieu ne peut exister, car Il ne
permettrait pas que de telles choses se produisent.

Footnotes:

[1]
Ce roi était un despote et était connu pour saisir les bateaux de son
peuple. Mais les gens à qui appartenait le bateau que Khidr troua
étaient pauvres et leur bateau leur servait à gagner leur vie. C’est
pourquoi Khidr voulu le faire paraître défectueux afin que le roi ne le
saisisse pas.

[2] Ce verset a été ajouté au présent article par
la personne qui a procédé à la transcription.
[/font][/size]

3. La patience et les objectifs de la vie


Revenons
sur l’histoire de Moïse. Après avoir traversé la rivière, ils
croisèrent un jeune garçon, que Khidr tua de façon volontaire. Moïse
demanda à Khidr pourquoi il avait fait une telle chose. Cet enfant
était innocent et Khidr l’avait tué! Khidr expliqua à Moïse que les
parents de cet enfant étaient des gens pieux et que si l’enfant avait
encore grandi (et Dieu le savait), il aurait fini par être si terrible
et serait devenu une telle calamité, pour ses parents, que ceux-ci en
auraient perdu la foi. Alors Dieu ordonna la mort de cet enfant.

Bien
sûr, les parents eurent du chagrin en trouvant leur enfant mort.
Cependant, Dieu le remplaça par un autre enfant qui fut, celui-là,
vertueux et bon envers eux. Dans leur cœur, la peine d’avoir perdu leur
premier enfant demeura; mais au Jour du Jugement, lorsqu’ils se
tiendront devant Dieu et qu’Il leur révélera la raison de la mort de
leur premier enfant, ils comprendront alors et Le loueront.

Telle
est la nature de nos vies. Certaines choses arrivent, qui nous
apparaissent comme négatives, et nous les voyons comme des obstacles à
notre paix intérieure parce que nous ne les comprenons pas ou ne
saisissons pas la raison pour laquelle elles nous sont arrivées à nous.
Mais nous devons apprendre à les accepter et à ne pas les ressasser
sans arrêt. Car ces choses viennent de Dieu et nous devons croire qu’au
bout du compte, il y a du bon en elles, que nous soyons en mesure de le
voir ou non. Puis, sans trop nous attarder à elles, nous devons nous
tourner vers ces choses sur lesquelles nous avons un contrôle et que
nous pouvons changer. Nous devons d’abord les identifier, puis passer à
l’étape suivante, qui consiste à faire disparaître ces obstacles en
utilisant diverses solutions. Pour faire disparaître ces obstacles,
nous devons surtout nous concentrer sur les modifications que nous
pouvons apporter en nous-mêmes, car Dieu dit, dans le Coran :

« En
vérité, tant que les gens ne changent pas ce qui se trouve dans leur
cœur, Dieu ne modifie en rien leur condition. » (Coran 13:11)


Voilà
un domaine sur lequel nous avons un contrôle. Nous pouvons aussi
développer notre patience, même si nous avons tendance à croire, en
général, que certaines personnes naissent avec une disposition à la
patience et d’autres pas.


« Un homme vint voir le Prophète
(que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) et lui demanda
ce qu’il devait faire pour pouvoir entrer au Paradis. Le Prophète lui
répondit : « Ne te mets pas en colère. » (Sahih al-Boukhari)


Cet
homme était connu pour se mettre facilement en colère, alors le
Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) lui
fit comprendre qu’il devait faire des efforts pour modifier son
comportement colérique. Donc, modifier son comportement et améliorer
son caractère sont des choses possibles.

Dans un autre hadith, le
Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit
:

« Quiconque désire vraiment devenir patient, Dieu
lui donnera de la patience. » (Sahih al-Boukhari)


Cela
signifie que même si certains individus semblent nés plus patients que
d’autres, il ne nous est pas impossible de développer notre patience.

Il
est intéressant de noter qu’en psychologie et en psychiatrie
occidentales, on nous disait, il n’y a encore pas si longtemps, de ne
pas réprimer notre colère mais de l’exprimer, car si nous retenions tout
à l’intérieur, nous risquions d’exploser, alors il était préférable de
déballer ce que nous avions sur le cœur.

Plus tard, ils ont
découvert que lorsque les gens laissent libre cours à leur colère, de
petits vaisseaux sanguins éclatent dans leur cerveau, à cause de la
pression. Ils ont ainsi compris que la colère pouvait être dangereuse,
et même fatale, dans certains cas. Alors maintenant, ils ont changé
d’avis et recommandent de ne pas tout déballer et d’éviter les
emportements violents.

Le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) nous a encouragés à faire preuve de
patience; il est donc recommandé de faire preuve de patience en toutes
circonstances. Et même si nous bouillons à l’intérieur, il vaut
toujours mieux se montrer patients devant les autres, non pas par
hypocrisie, mais pour nous y exercer et la développer, petit à petit.
Si nous affichons une patience de façon constante, cette image
extérieure que nous projetons finira par se refléter intérieurement et
nous finirons par devenir patients pour de bon. C’est non seulement
possible, mais le hadith cité plus haut le confirme.

Il est bon
de considérer comment les choses matérielles, dans nos vies, jouent un
rôle majeur dans le développement de notre patience.

Le Prophète
(que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) nous a
conseillés sur la façon d’aborder cette réalité en ces termes :

« Ne
regardez pas [i.e. ne vous comparez pas à] ceux au-dessus de vous, qui
sont plus riches que vous; regardez plutôt ceux qui sont au-dessous de
vous, ceux qui sont plus pauvres que vous. »


Peu
importe dans quelle situation on se trouve, il y aura toujours plus
malheureux que nous. C’est donc de cette façon que nous devons aborder
notre situation matérielle en cette vie. De nos jours, nous accordons
de plus en plus d’importance aux choses matérielles, jusqu’à être
obsédés par elles. Amasser le plus de biens possibles, en cette vie,
semble être le but que s’est donné chacun d’entre nous et vers lequel
nous canalisons toutes nos énergies. Mais le fait d’assurer notre
subsistance ne devrait pas prendre le dessus sur notre paix intérieure
ni l’affecter de façon négative.

Nous devons cesser de toujours
considérer ceux qui sont plus riches que nous, sinon nous ne serons
jamais satisfaits de ce que nous avons. Le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :

« Si
vous donnez au fils d’Adam une vallée remplie d’or, il en voudra une
deuxième. » (sahih Mouslim)



On dit souvent
que l’herbe semble plus verte chez le voisin; et plus une personne
possède de biens, plus elle en veut. Nous ne serons jamais satisfaits
de notre situation matérielle si nous considérons l’acquisition des
biens comme un but en soi. En considérant ceux qui possèdent moins que
nous, nous serons plus reconnaissants envers Dieu pour les bienfaits
dont Il nous comble.

Il y a un autre hadith du prophète
Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) qui
nous aide à mettre en perspective notre situation matérielle. Le
Prophète a établi ce principe, pour les croyants, il y a de cela 1400
ans :

« Quiconque fait de ce monde son objectif, Dieu
embrouillera ses affaires, lui fera voir la pauvreté et il n’obtiendra
rien de ce monde, à l’exception de ce que Dieu a déjà écrit pour lui. »
(Ibn Maajah, Ibn Hibbaan)


Donc si une personne
fait de ce monde son objectif, elle perdra vite la tête et ne saura plus
dans quelle direction se tourner. Dieu lui fera voir la pauvreté, car
peu importe le montant d’argent qu’elle possédera, elle aura toujours
l’impression d’être pauvre. Chaque fois que quelqu’un se montrera
gentil avec elle ou lui sourira, elle s’imaginera qu’il ne le fait que
parce qu’il convoite son argent. Elle ne fera confiance à personne et
ne sera jamais heureuse.

Lors d’un krach boursier, vous entendez
presque toujours parler de gens qui se suicident après avoir tout
perdu. Un homme qui avait, par exemple, 8 millions de dollars et qui en
perd 5 se retrouve avec 3 millions et s’imagine que sa vie est finie.
Il sent qu’il a perdu sa raison de vivre, car il s’imagine plus pauvre
que jamais.
4.La paix intérieure passe par la soumission à Dieu

Nous
devons garder à l’esprit que nul n’obtiendra de ce monde plus que ce
que Dieu a déjà écrit pour lui. Même si elle déploie des trésors
d’énergie et d’imagination, qu’elle reste éveillée jusqu’aux petites
heures du matin et qu’elle devient un véritable bourreau de travail, une
personne n’obtiendra que ce que Dieu a destiné pour elle.
Le
Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :

«
Quiconque fait de l’au-delà son objectif ultime, Dieu lui facilite ses
affaires, lui accorde la richesse du cœur [i.e. la foi] et les choses de
ce monde viendront à lui en toute soumission. » (Ibn Maajah, Ibn
Hibbaan)


Une telle personne acquiert une
véritable richesse dans son cœur. La richesse, ce n’est pas de posséder
des biens en abondance; c’est de posséder un grand cœur. Et qu’est-ce
qu’un grand cœur? C’est un cœur qui sait se satisfaire de ce qui lui a
été destiné, et c’est de cela que découle la paix intérieure. Ce
contentement n’est possible que par la soumission à Dieu; c’est ce qui
s’appelle l’islam.

La paix intérieure, c’est accepter l’islam
dans notre cœur et vivre notre vie sur la base de ses principes.

Lorsque Dieu enrichit le cœur d’une personne, les choses de ce monde
viennent à elle en toute soumission et en toute humilité. Une telle
personne n’aura pas à courir après ces choses, pas plus qu’elle n’en
aura envie.

Telle est la promesse du Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) à ceux qui savent mettre leurs
priorités aux bonne places et qui font de l’au-delà leur priorité
première. Si c’est le Paradis que nous voulons, alors ce désir doit
se manifester dans notre vie quotidienne, constituer notre objectif
principal, qui passe avant tous les autres.


Comment
déterminer si l’au-delà est vraiment notre objectif principal?
Et
bien si, lorsque nous discutons avec les gens, nos seuls sujets de
conversation sont les derniers modèles de voitures, l’immobilier, les
voyages, les vacances et l’argent, bref, si la majeure partie de notre
conversation porte sur les choses d’ici-bas ou, pire encore, si elle est
constituée de racontars et de médisance, cela signifie que l’au-delà
est loin d’être notre première priorité. Car si c’était le cas, cela se
refléterait dans nos conversations. Ce dont nous parlons le plus
souvent est un bon point de référence pour nous juger nous-mêmes. Nous
devons donc nous arrêter et nous poser clairement la question : « Quels
sont les sujets dont je parle le plus souvent? »

Si nous
découvrons que notre priorité semble être la vie d’ici-bas, alors nous
devons faire un examen de conscience et remettre les vraies priorités
devant toutes les autres, c’est-à-dire l’au-delà et le Paradis avant la
vie d’ici-bas et les biens matériels. C’est de cette façon que nous
atteindrons la véritable paix intérieure. Dans le Coran, Dieu nous
rappelle un moyen simple d’atteindre la paix intérieure :

«
N’est-ce point par l’évocation de Dieu que se tranquillisent les cœurs? »
(Coran 13:28)


C’est donc par l’évocation de
Dieu que le cœur trouve la tranquillité. Voilà ce qu’est la paix
intérieure. L’évocation de Dieu passe par toutes les actions que nous
faisons, en tant que musulmans. L’islam, c’est vivre sa vie en ayant
constamment Dieu à l’esprit. Dieu dit également :

«
Adore-Moi donc et accomplis la prière pour M’avoir présent en ta pensée.
» (Coran 20:14)


Tout ce que nous faisons, en
islam, nous rappelle Dieu à chaque instant. Dieu dit :

« Dis : «
En vérité, mes prières, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort
appartiennent à Dieu, Seigneur des mondes. » (Coran 6:162)



Telle
est donc la façon d’atteindre la paix intérieure et d’avoir Dieu
constamment à l’esprit, quoi que nous fassions.

Ce fait de se
rappeler constamment de Dieu (dhikr) ne consiste pas, comme certains
semblent le croire, à s’asseoir dans un coin d’une pièce sombre et
répéter « Allah, Allah, Allah... » des heures durant. Ce n’est pas de
cette façon que l’on développe une conscience de Dieu. Si vous vous
appelez Mohammed et qu’une personne vient vous voir et ne cesse de
répéter « Mohammed, Mohammed, Mohammed... », vous vous demanderez ce qui
ne va pas avec elle. Vous vous demanderez si elle veut quelque chose
ou si elle a besoin de quelque chose. Sinon, pourquoi répéter ainsi
votre nom sans rien dire d’autre?

Le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) n’a jamais invoqué Dieu de cette
manière et aucun hadith ne rapporte une telle action de sa part.
Certains croient que nous devons invoquer Dieu en dansant et en tournant
sur nous-mêmes ou en nous balançant de gauche à droite ou d’avant en
arrière. Mais encore une fois, le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) n’a jamais invoqué Dieu de cette
manière et pourtant, c’est son exemple que nous devons suivre en matière
d’adoration.

Le Prophète (que la paix et les bénédictions de
Dieu soient sur lui) se rappelait Dieu dans toutes les actions de sa vie
quotidienne. Il avait une constante conscience de Dieu et agissait à
chaque instant en fonction de Lui, dans ses prières, dans son adoration,
dans son quotidien et jusque dans ses pensées.

Bref, la paix
intérieure passe par le fait de reconnaître les problèmes, dans nos
vies, qui constituent des obstacles à cette paix, comprendre que cette
paix ne viendra que si nous apprenons à composer avec certains de ces
obstacles et si nous arrivons à faire disparaître ceux sur lesquels nous
avons un certain contrôle.

Si nous faisons des efforts pour
changer nos habitudes, notre comportement et notre perspective sur ce
qui nous entoure, Dieu apportera des changements positifs à notre vie et
nous donnera les moyens de composer avec le monde qui nous entoure.

Et même si le monde qui nous entoure est agité, Dieu nous donnera les
moyens de vivre en paix avec lui.

Quoi qu’il nous arrive, nous
savons que cela relève du destin de Dieu, des épreuves qu’Il choisit de
mettre sur notre chemin et qu’au bout du compte, c’est pour notre bien
que ces choses arrivent, car il y a toujours du bon en elles. Dieu
nous a créés et Il a créé ce monde comme moyen, pour nous, d’atteindre
le Paradis. Les épreuves de cette vie sont donc là pour nous aider à
grandir spirituellement. Si nous arrivons à accepter cela et à
accueillir Dieu dans notre cœur, alors nous connaîtrons la véritable
paix intérieure.


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