*La Médecine Prophétique : De la thérapeutique/traitement

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*La Médecine Prophétique : De la thérapeutique/traitement

Message par Invité le Sam 3 Juil - 17:10



De la
thérapeutique ou
traitement des maladies en général

Réflexions générales

Nous avons déjà dit que le but de la
médecine est de
conserver la santé et de la retrouver lorsqu'elle est
perdue. C'est
de cela que nous avons à parler maintenant. Et nous
disons : le
Prophète de Dieu a permis de se
médicamenter et y a
même exhorté. Jâbîr rapporte qu'il a entendu le
Prophète lui
même déclarer ceci :


"Chaque maladie a son médicament ; quand on a trouvé le remède,

elle guérit, grâce au Dieu de toute Grandeur et de toute Majesté".



Ces mots sont une véritable exhortation à se médicamenter. Abû
Hurayra
donne cette autre tradition venue
du Prophète :
"Dieu n'a pas envoyé
une maladie ici bas sans envoyer le remède qui la
guérisse". C'est ce
qu'expriment encore ces autres paroles : "A toute
maladie son
remède."

J'étais, à dit Ousâma , chez le Prophète , lorsque se
présentèrent
à lui des Arabes. Ils lui adressèrent cette question :
"Prophète de
Dieu , nous médicamenterons-nous
?
- Oui, certainement, serviteurs de Dieu, médicamentez-vous ;
car
Dieu n'a pas posé de maladie sans qu'Il ne lui ait fait son
médicament,
excepté de la mort."
Il s'agit de la vieillesse qui,
par similitude, est
une maladie, puisque la mort en est le terme et
la conséquence.
"Dieu n'a pas créé de maladie sans lui instituer un
remède, et le
connaître est la science, l'ignorer est l'ignorance.
L'exception reste la
mort, elle est sans remède".

Abû
Houzâma raconte ceci : "Je dis un jour au
Prophète :
"Prophète de Dieu , y'a-t-il quelque
adjuration que nous puissions
employer, quelque remède dont nous
puissions user, quelque prophylaxie
que nous puissions invoquer ? Y
a-t-il lieu de détourner en rien la destinée
que Dieu a arrangée ?" -
"Tout est conduit selon la destinée fixée de
Dieu"
, me
répondit le Prophète ".

L'homme a,
naturellement, son bien être dans la santé. Le corps est
formé
d'humeurs diverses. Dieu dit dans le Coran dans la Sourate 76 :
"L'homme",
verset 2 : [Nous le créons en
vérité à
partir d'une semence aux éléments conjugués.] Le
maintien
et la conservation de l'individu est dans l'équilibre de sa
constitution
de tempérament, ce qui s'obtient par l'emploi rationnel
des choses
utiles et par l'éloignement des choses nuisibles. Là est
le but de la
médecine. La maladie altère et décompose les humidités
ou liquides
naturels et essentiels qui sont la raison d'être de
l'homme. L'art de
la médecine prévient ces décompositions, ces
putrescences, leur
marche trop rapide vers les altérations et
décompositions. Faisant
allusion à ces enseignements, le Prophète a dit : "Tel est
l'homme
: à ses côtés il a 99 sortes de trépas. Si elles manquent
de
l'atteindre, il tombe dans la caducité qui l'amènera à la mort.
Du
reste, telle mort manque-t-elle l'homme, telle autre le happe
et le
saisit. Celle-ci le laisse-t-elle, celle-là l'enlèvera."


La
mort est une fin inéluctable. Néanmoins la médecine traite
et combat
les maladies qui troublent la vie. Essentiellement, la
sentence de
la mort gît dans les corps vivants, mais la médecine
rend meilleure
les jours de délai qui composent la vie, elle conserve
la santé qui
prospère, et l'écarte autant qu'il est possible, des maux
et
maladies.

"La science est double : science des corps, et
science de la
religion
(science physique et science
religieuse)". Ces paroles
attribuées par quelques savants du hadîth
au Prophète ,
sont de Ach-Châfi'î.
Mais d'après At-Toû'i qui s'appuie de l'autorité
de Rabî', le
Prophète a dit : "Deux sortes de
savants sont
indispensables parmi les hommes : les 'oulémas pour la
science
religieuse, les médecins pour la science ayant trait au
corps. Ils
doivent avoir des principes qui soient solides, une
conduite qui soit
attentive
(à se conformer à celle des
Prophètes), et des
devoirs sacrés qui soient consciencieux."



Du reste, la médecine est du nombre des oeuvres sanctifiées,
car le
Prophète l'a lui même pratiquée ;
et il a dit : "Il y
a cinq sortes de pratiques à imiter des
envoyés de Dieu : la
modestie, la compassion ; l'usage de la saignée
(al hijâma ou
des ventouses), l'usage du cure-dent et l'usage des
collyres".

Dans le domaine médical, les hadîths du Prophète sont
nombreux.



Est-il mieux de se traiter dans
le cas de maladie, que
de ne pas se traiter :


L'avis unanime est qu'il est licite
de se traiter dans
les cas de maladies. Nombre de docteurs de la
Loi ont déclaré qu'il
est même plus méritoire de se traiter. Cette
manière de voir se fonde
sur le sens d'ensemble qu'expriment ces
paroles du Prophète : "Traitez-vous",
et sur ce que
le Prophète dans l'état de santé et
dans l'état de maladie,
s'appliquait dans les ressources de la
médecine.

En santé, il faisait usage de dattes fraîches, de
concombres
longs, de dattes fraîches avec la pastèque. Il ne
consommait
que peu d'aliments, mangeait froid au milieu du jour,
mangeait
chaud pendant les jours de pluie. Il consommait des raisins
secs
et des dattes sèches qui avaient macéré dans de l'eau.


En état de maladie, 'Aïcha a rapporté que le Prophète
a été souvent malade,
et qu'il fut visité par des médecins arabes
et des médecins
étrangers, lesquels lui faisaient leurs prescriptions
et lui
donnaient leurs soins.

Hichâm raconte : "Je m'étonne, dis je un
jour à 'Aïcha, de ta
perspicacité en médecine. - Le Prophète , répondit elle, quand
il
avança en âge, se vit dans un état coutumier de maladie. Les
visiteurs
des tribus venaient se présenter à lui, l'auscultaient ; c'est
alors
surtout que j'ai beaucoup appris."

Le Dieu de Grandeur et de
Majesté a dit : "C'est moi qui donne
la santé, moi qui médicamente
; traitez vos maladies".
Mais
nombre de docteurs de la Loi ont
induit de là, de la première partie
de ce texte, en se conformant aux
vues et jugements de l'imam
Ahmad Ibn Hanbal (paix à son âme), qu'il
est plus méritoire de laisser
tout traitement médical, et cela en se
basant sur cette donnée-ci,
déduite par Al Marwazî : "Se traiter
dans les cas de maladie, est chose
tolérée, autorisée, mais
s'abstenir de traitement est plus élevé". L'imam
Ahmad demanda à un
homme dont la maladie s'était aggravée au point
de faire craindre une
mort prochaine, pourquoi il n'avait eu recours à
aucune médication
(s'étant abstenu de tout traitement). "Se
médicamenter, répondit le
malade, n'est point compatible avec le
principe de la confiance en
Dieu".

Un nommé Ishâq, à son tour, demanda à l'imam Ahmad (paix
à son
âme) à propos d'un individu malade, s'il était mieux de
médicamenter
ou de ne pas médicamenter ce malade. L'imam Ahmad
répondit :
"Si cet homme met sa confiance en Dieu ; il est mieux, à
mon avis,
de laisser toute médication ; et je me fonde, pour preuve
de cela,
sur cette tradition-ci, qu'a transmise Ibn Abbâs : "Une femme
vint trouver le
Prophète et lui dit : "Prophète de
Dieu ,
invoque sur moi le
Seigneur des cieux afin qu'il me guérisse.
- "Si tu le veux,
reprit le Prophète , j'invoquerai sur
toi
la bonté de Dieu et il te guérira ; si tu veux, aie patience et
résignation,
et tu iras en Paradis".
- "Prophète de Dieu ,
répliqua la malade,
je suis résignée à tout".

Voici des paroles recueillies du
Prophète : "Septante
mille
fidèles entreront au Paradis, sans qu'ils aient à rendre
compte de
leur vie : ce sont ceux qui se seront abstenus des
moyens
adjuratoires, qui n'auront pas invoqué les effets des
incantations
blâmables, qui auront mis en leur Seigneur leur
entière confiance".



Le savant et illustre docteur de la Loi, l'imâm 'Alâ Ad-Dîn Ibn
Al
'Attâr, que Dieu l'ait en grâce, a dit : "Les Musulmans s'
accordent à
croire que la médication des maladies n'est point
un devoir
obligatoire". Des 'oulamas, au contraire, en font une
obligation.
C'est ce que comporte la parole du Prophète :
"Recourez aux
médicaments (tadâwou)".


On demanda à Abû Bakr, le juste , pendant qu'il était
malade :
"N'appellerons nous donc pas le médecin ?" - "Il m'a
vu". - "Et que
t'a-t-il dit ?" - "Il m'a conseillé de faire ce qui
me plairait".


On dit à Abû Ad-Dardâ' qui était malade : "De quoi te
plains
tu ?" - "De mes péchés." - "Mais que désires tu ?" -
"La
miséricorde de mon Dieu." - "Est-ce que nous n'appelons
pas un
médecin pour te voir ?" - "Le médecin me rendrait
malade". Plusieurs
fidèles allèrent visiter leur cheikh malade
en lui disant : "Veux-tu
que nous appelions un médecin ?" et
il répondit : "Le médecin, avec
sa médecine et ses médicaments,
n'est pas capable de détourner ma
destinée".

Du reste, mettre sa confiance en Dieu, c'est reposer
son coeur
en Dieu, et cela n'empêche ni les causes, ni les effets.
Bien mieux,
les effets sont une résultante même de la confiance. Le
guérisseur
intelligent et éclairé, fait ce qu'il faut, et il se
repose sur Dieu des
conséquences et des bienfaits du ciel. Dieu
enjoint les croyants
dans le Coran à prendre leurs précautions :


[Croyants ! Soyez toujours sur
le qui-vive
(...)] (Coran, Sourate IV, verset 71)



La maladie, d'ailleurs, quand elle devient chronique, ne présente
plus
que des chances incertaines à la médication ; tantôt la
médication
l'améliore, tantôt elle reste inefficace.


Source
extraite du livre : "La Médecine Du Prophète Muhammad
par Jalâl Ad-Dîn
As-Suyûtî (et revue, corrigé et remanié par le Docteur
Hassan
Amdouni)

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